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Présidentielle en Côte d’Ivoire : Election ou pas élection le 31 octobre 2020 ?

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Election ou pas élection le 31 octobre 2020 ?

Que dire de plus sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire ? Aussi bien ici qu’en Guinée Conakry en passant par le Togo, tout a été ou est dit. Comment réveiller quelqu’un qui fait feint de dormir ?
La seule chose à en dire encore ? Que la Communauté internationale vienne nettoyer le désordre qu’elle a installé cyniquement en Côte d’Ivoire !

Toutes les Constitutions de ces pays-là, même tripatouillées et piétinées, maintiennent toujours la sacralité de la vie humaine. Mais il faut croire que les dirigeants desdits Etats ne reconnaissent de caractère sacré que de ce qui est de leur vie personnelle, le cas échéant, de celle de leurs plus proches. Sinon, comment expliquer encore des dizaines de morts en RCI pour une élection présidentielle alors que le leitmotiv d’Alassane Dramane Ouattara était « plus jamais ça en Côte d’Ivoire » lors de son arrivée au pouvoir en 2010 sur plus de 3000 cadavres ?

« Dans un bureau de vote d’une ville proche d’Abidjan, il y avait 300 bulletins dans l’urne, alors que seulement 30 personnes avaient émargé. Ce n’est pas un cas isolé », affirme une source diplomatique », peut-on lire sur le site jeuneafrique.com. De son côté, la mission électorale de l’EISA et du Centre Carter déclare sur rfi.fr que « Le contexte politique n’a pas permis d’organiser une élection compétitive et crédible ». Que pouvons-nous ajouter à cela ? Nous savons tous le refrain que reprendront à tue tête les inconditionnels de Ouattara quant au taux de participation. Sauf que la réalité, la vérité est déjà connue de tout le monde.

En 2010 le taux de participation était d’environ 80% ; en 2015 il était de 54,63% et Ouattara fut élu avec 86,33% des suffrages. En 2015, le RHDP fut soutenu par le PDCI et la bande à Guillaume Soro. Le poids politique du PDCI n’est plus à démontrer. N’eût été son ralliement à Ouattara en 2010, ce dernier n’aurait jamais accédé au pouvoir.
En 2020, chose qui ne s’est jamais passée en Côte d’Ivoire, toute l’opposition a parlé d’une seule et même voix pour décréter que toute élection organisée le 28 octobre est nulle et non avenue et constate une vacance de poste au sommet de l’Etat. Cette opposition compte dans ses rangs et le PDCI et le GPS de Guillaume Soro. L’on n’a pas besoin d’être lauréat de la Médaille Fields en mathématiques pour conclure que le RHDP sans ces deux principaux alliés, en plus de la défection de M. Amon-Tonoh, ne peut gagner les élections de 2020. Si on ajoute à cela la convergence circonstancielle des deux bords du FPI, Ouattara ne peut s’en sortir. Maintenant, tout le monde sait comment les résultats sont conçus et proclamés, pas vraiment d’originalité.

La seule certitude c’est que le 3e mandat de Ouattara est manifestement crisogène ; il a réveillé les vieux démons de le Côte d’Ivoire. Tous les voyants d’une catastrophe sont au vert, comme avertissait le Président Koudou Gbagbo sur TV5 Monde à la veille du 28 octobre 2020.

Notre conviction est que si la Côte d’Ivoire en est arrivée là aujourd’hui, c’est la volonté de la Communauté internationale sous la direction de la France. Emmanuel Macron avait publiquement salué « l’homme d’Etat » qu’était Ouattara quand ce dernier avait annoncé qu’il ne briguerait plus un nouveau mandant. Quand sa volte-face fut opérée, le même Macron s’est lâchement refugié derrière le fameux et fumeux principe de « non ingérence ». Pourquoi ces Messieurs des démocraties occidentales, qui ont installé Ouattara dans son fauteuil, se sentent-ils si gênés aujourd’hui pour reconnaître sa déviance, sa mue autocratique ?

Ouattara s’est déclaré président à sa propre succession. L’opposition unie décrète la fin de son mandat et nomme M. Bédié président de la transition civile.

L’artiste Meiway interpellait M. Ouattara le jour de sa volte-face en ces termes : « Allez-vous tomber sans résister dans le destin tragique des Chefs d’Etat africains obsédés par le pouvoir…? », avant de lui lancer « M. le Président, je sais prévenir, mais je ne sais pas guérir ».

Tout ce qui devait être dit à M. Ouattara lui a été dit. Pour notre rédaction, l’autre acteur majeur de la crise ivoirienne c’est bien la Communauté internationale. Nous lui demandons solennellement d’aller nettoyer le désordre qu’elle a installé dans ce pays avant que celui-ci ne sombre complètement dans le chaos. Et tenez-vous bien M. les technocrates des Nations Unies et autres pyromanes français, cette fois-ci, 3000 morts seront une anecdote.

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